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Portrait, un instant de partage — cette formation qui a changé ma manière de photographier

Photographie d'une jeune femme en lumière naturelle dans un environnement existant (une cage d'escalier des fenêtres et un mur entièrement rouge)
Photographie d'une jeune femme en lumière naturelle dans un environnement existant (une cage d'escalier des fenêtres et un mur entièrement rouge)

« Portrait, un instant de partage. » C’est le titre du stage que j’ai suivi pendant cinq jours à Arles avec le photographe et portraitiste de presse Jean-François Robert.

Au-delà des techniques et des images réalisées pendant cette semaine, j’en retiens surtout une conviction qui rejoint profondément ma manière de travailler : photographier quelqu’un, c’est d’abord créer les conditions d’une rencontre.

Avant l’appareil photo, il y a le lieu. Trouver un espace, une lumière, une situation qui puissent révéler quelque chose de la personne plutôt que simplement servir de décor. Pas nécessairement un fond neutre : ici, le lieu participe au portrait, il donne du contexte, de la matière et parfois même une forme de tension à l’image.

Nous avons également beaucoup travaillé la lumière naturelle, dans ses variations et ses contraintes, puis la manière de l’accompagner avec un apport de flash discret. L’objectif n’est pas de remplacer la lumière existante, mais de la compléter : conserver l’atmosphère d’un lieu tout en donnant au visage la présence et la précision nécessaires.

Mais le véritable apprentissage se situe peut-être ailleurs : dans la relation avec la personne photographiée.

Écouter, échanger, rassurer, proposer, laisser quelques secondes de silence… Tout ce qui permet progressivement à la personne de ne plus seulement « poser », mais d’habiter véritablement l’image. Le portrait se construit alors autant dans la relation que derrière l’appareil.

Pourquoi ces portraits sont-ils sous le signe de l’intériorité et du sérieux ?

Les sept portraits que j’ai présentés lors de l’exposition de fin de stage ont un point commun : aucun n’est souriant.

C’était un choix lié à l’exercice que nous menions pendant cette semaine. Je cherchais moins l’expression attendue du portrait que la présence, la profondeur, la singularité d’une personne à un instant donné.

Cette expérience m’a beaucoup intéressé parce qu’elle m’a amené à regarder autrement ce qui se joue dans une expression, une posture, un silence ou un regard. Elle m’a rappelé qu’il existe une grande richesse dans un visage lorsqu’on lui laisse simplement le temps d’être là.

Cela ne signifie évidemment pas que le sourire n’a pas sa place dans mes portraits professionnels. Bien au contraire. Un portrait de dirigeant, d’équipe ou d’indépendant peut être sérieux, chaleureux, énergique, accessible ou franchement souriant. Tout dépend de la personne, de son activité, de l’usage de l’image et de ce que l’on souhaite transmettre.

Ce que je retiens du stage, c’est surtout la possibilité de chercher la bonne expression plutôt qu’une expression prédéfinie.

C’est cette approche que je souhaite continuer à développer dans mon travail : prendre le temps de comprendre la personne, choisir un environnement et une lumière qui lui correspondent, puis construire avec elle une image qui ait du sens.

Pour un dirigeant, une équipe, un indépendant, un portrait éditorial ou une image de personal branding, la question reste finalement la même : comment faire apparaître, en une image, quelque chose de la personne que l’on souhaite rencontrer ?

Portrait d'une jeune femme en lumière naturelle mixte (avec flash) dans un environnement réél (mur décrépi)

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